CLANNAD VISUAL FAN BOOK – Bilan à chaud

Pour ce nouvel article, j’arrête partiellement de vous parler des anthologies officielles dédiées à CLANNAD. Mais juste partiellement, parce que j’aborde ici un visual fanbook qui a aussi une partie anthologique !
Celui-ci est édité par TECHGIAN STYLE, et il s’agit du premier visual fanbook (VF) autour de CLANNAD.
Sorti la même année que le VN, il s’inscrit à mon sens comme un livre qui fait particulièrement un bilan à chaud de son élaboration et de sa sortie.
Ce CLANNAD Visual Fan Book propose autant pour moi des récurrences de VF que de belles surprises qui font de ce livre un objet privilégié de la licence.
Si vous n’avez pas touché au CLANNAD original, je vous déconseille de lire la suite de cet article.
‣ Avant de rentrer au cœur même de ses pages, le livre me vend déjà de la magie. Le livre, aussi enveloppé d’une couverture plastique, est enveloppé dans une boîte. A l’intérieur, deux personnages sonnent présents : Fuuko et Akio. Fuuko est toute enjouée et me semble accueillir le lecteur. Quant à Akio, il semble réagir à son entrain tout en ne comprenant pas pourquoi il est là. Autour d’eux, il y a une myriade de petits personnages crayonnés dessinés de manière enfantine. C’est un genre de personnages qu’on retrouve régulièrement ici et là avec Hinoue Hitaru. J’aime l’idée ici de me dire que ces dessins sont dessinés par Fuuko. Notamment pour la présence d’un personnage musclé avec une tête d’étoile.
Tous les personnages sont très différents les uns des autres. Il y a vraiment de quoi se perdre dedans longtemps, non ?
‣ L’intérieur du livre commence par présenter leurs personnages et leurs histoires. Comme c’est souvent le cas avec ce genre de partie, c’est naturellement un grand nid à spoil.
Ce qui marque d’abord pour moi avec l’entrée de cette partie, et qui s’avère être une constante du livre, c’est son habillage. Je trouve qu’il y a une véritable direction artistique dans ce Visual Fan Book. Par exemple, cette première partie donne d’abord une page entière pour annoncer son sujet. Le tout est arboré de fleurs dans ses bords sur une teinte orange. Le reste de la page joue ce choix de ne montrer que du blanc si ce n’est à un unique endroit qui prend toute la largeur. Cet unique endroit montre un endroit enneigé avec en fond des arbres sans feuilles et un ciel à la teinte similaire à celle qui parsème les fleurs de la plage. Juste après, c’est une double page qui montre Tomoya et Nagisa sur fond de cerisiers en fleurs. Il y a une citation qui les accompagne. Certains de ces visuels ont un caractère unique comme la pente que nous voyons d’une manière qui n’est pas visible dans le VN.
« Nous commençons à grimper. Une longue, longue pente. »
Tous les personnages principaux sont donnés sur le même schéma.
Chacun a une couleur qui caractérise les pages où il est le sujet.
Un personnage est d’abord annoncé par un sprite prenant toute la page avec une phrase en anglais. Ce que je trouve toujours rigolo à voir quand je pense au fait que la localisation anglaise officielle du VN est sortie 11 ans après ce Visual Fan Book.
En page d’après, le personnage est accueilli par une phrase poétique qui se veut en lien avec le personnage, suivi d’un texte de présentation et d’une citation du personnage. Le reste de la page arbore les différents sprites et face pattern qu’a le personnage dans le VN. Il y a également la mention de sa date d’anniversaire, de son groupe sanguin, de son poids, de sa taille et de ses mensurations.
Le contenu le plus original réside surtout moi dans la présence d’une version chibi grassouillette à l’image des personnages que l’on retrouve dans l’intérieur de la boîte du VF. Ce sont des chibi que l’on peut retrouver à plusieurs autres endroits comme par exemple sur les émoticônes Steam.
Les pages qui suivent racontent les scènes clefs des personnages avec des CG, des textes et des citations. La mise en page varie pas mal d’une page à une autre. J’aime particulièrement les pages qui ne montrent qu’une unique CG et une citation. Je trouve que cela capture bien à mon sens tout l’esprit du visual novel, et ça donne du relief aux histoires qui nous sont contées.
Au total, cela donne 12 pages dédiées à Nagisa et After Story, et 8 pages pour les autres personnages principaux.
Pour les autres personnages “secondaires”, ça m’est hélas plus tristoune. Puisqu’ils ont le droit à un traitement similaire mais condensé en une unique page. Et ici, pas d’informations comme le groupe sanguin ou les mensurations. Et ce pauvre Koumura et Nayuki partagent carrément la même page.
Une fois le tour de tous les personnages fait, la partie arrive sur un terrain que je trouve plus intéressant. Le Monde Illusoire. Concrètement, cette partie regroupe tous les passages du Monde Illusoire mot pour mot avec les CG correspondant aux scènes. Dans le VN, tous ces passages sont disséminés, et je trouve ça bien d’avoir un endroit où il est possible de les lire côte à côte. Visuellement, je trouve ça toujours très beau. Les pages ont un dégradé blanc-rose-bleu que je trouve bien sympa. Il y aussi de légers ornements sur les pages ainsi que des orbes de lumières. La dernière page m’est très émouvante avec sa citation.
La double page d’après me remet une couche émotionnelle avec sa multitude de CG issus de plein de moments différents du VN.
Cette partie dédiée aux personnages et à leurs histoires se termine ensuite en montrant les différents backgrounds de CLANNAD. Je trouve que voir tous ces lieux à ce moment-là marche bien.
‣ La deuxième partie est une procédure pas à pas. Je n’ai pas vraiment grand-chose à dire dessus. Si ce n’est que je trouve ça vraiment bien expliqué, avec un très chouette travail d’illustrations.
Celui-ci est aussi agrémenté des passages alternatifs que l’on peut avoir mais qui n’ont pas d’implications sur les routes.
Tout un passage est par exemple dédié aux variations de texte que l’on peut avoir si on change le prénom de Tomoya en des noms spécifiques.
‣ C’est à partir de cette troisième partie que les choses deviennent vraiment intéressantes pour moi.
Celle-ci commence par une galerie d’illustrations qui ont été publiées à différents endroits. Je les trouve toutes bien chouettes. Presque toutes les images en format portrait prennent toute une page. Quand cela n’est pas le cas, cela fait des agencements que je trouve plutôt élégants. Par contre, il y a clairement des personnages qui manquent à l’appel. Et des personnages comme Nagisa sont bien plus mis en avant.
Kyou qui donne un coup de pied à sa sœur !?
Ce qui suit ces images m’est un GROS morceau. Puisqu’il s’agit d’une interview avec les trois écrivains principaux de CLANNAD : Maeda Jun, Kai et Suzumoto Yuuichi. Ce dernier s’étale sur 8 pages que je trouve bien denses en informations :
– La création de CLANNAD est abordée, et je trouve l’angle choisi très intéressant. Maeda Jun dit qu’avec AIR, un cap scénaristique a été atteint en matière de ce qu’il voulait partager. Il regrette pour autant que la densité de son scénario est séparé AIR d’un certain public. C’est dans ce constat-là que CLANNAD est né. CLANNAD a ainsi été imaginé dès le départ comme un objet devant être apprécié par le plus de gens possible, comme un grand divertissement populaire. Il n’en parle pas dans cet interview, mais je pense que cette volonté explique aussi pourquoi CLANNAD est le premier VN de Key à ne pas avoir de scène de sexe. Je pense que cette démarche est une forte réussite. CLANNAD est sûrement la production de Key la plus populaire ? – Au-delà de ce contexte de création, ce qui ressort pour moi de manière générale dans cette interview, c’est la préoccupation prépondérante de ne pas faire un objet similaire à AIR. L’idée de restreindre l’histoire à une unique ville s’est imposée pour ne pas être comme AIR. Suzumoto n’a pas apprécié d’autre part cette opinion selon laquelle les personnages secondaires de AIR sont mis en retrait et a œuvré pour que la route de Kotomi soit une histoire qui existe par les autres filles qui la composent. Il y a eu beaucoup de craintes que le scénario finisse par ressembler à AIR avec la mise en avant de Nagisa. Notamment avec la dernière partie du VN. Maeda explique que c’était une intention dans AIR que sa dernière partie définisse la perception globale du VN. Mais dans CLANNAD, ce n’est pas ce qui a été recherché. Malgré After Story, il a souhaité que CLANNAD reste avant tout un VN perçu comme un jeu de romance scolaire. Avec tout le contenu de l’arc scolaire, il pense que cela a été réussi. Personnellement, je suis davantage dubitatif. Si After Story est une récompense scénaristique de l’arc scolaire, il n’en reste pas moins un épisode que je trouve très long. Je ne trouve pas que c’est un épilogue bonus à une route. J’ai du mal à me dire a fortiori que ce n’est pas une conclusion à tout ce que CLANNAD a raconté auparavant. Et puis, même au sein de l’arc scolaire, le récit a déjà des passages du Monde Illusoire. Donc forcément pour moi, After Story joue dans ma perception globale. Par contre, je suis d’accord que les connexions restent différentes d’AIR. Je dirais que les éléments d’After Story se vivent davantage de manière parallèle, comme une seconde histoire. – Ryou n’avait pas de route à la base. A l’origine, il y avait juste un choix où on pouvait se mettre plus favorable à Ryou. Si on ne le choisissait pas, alors on obtenait une mauvaise fin. Cela s’est révélé problématique, et c’est comme ça que sa route est née. Dans le produit final, je trouve qu’il y a toujours de ça. Je trouve que ça a surtout déplacé le problème pour un résultat davantage complexe ! D’autre part, Kai affirme bien ici que le véritable scénario de Ryou réside dans la route de Kappei. D’ailleurs, il était prévu que Kappei meurt à l’origine. Mais vis-à-vis d’un événement qui se veut fort dans After Story, cela a été changé. Je trouve ça cocasse qu’il ait finalement survécu juste pour qu’une autre personne ait une mort plus impactante. – D’un point de vue rétrospectif, les retours qui sont donnés ici sur la route de Tomoyo me sont très intéressants. Les retours sur sa route se sont d’abord révélés plutôt négatifs. Kai explique qu’il a été vivement critiqué le manque d’effort de Tomoya dans la fin de l’histoire. Ce qui est pourtant tout le sel de l’histoire selon Maeda. Lors de cette interview, Tomoyo After est mentionné comme étant en production. Je trouve ça donc d’autant intéressant comment cela révèle que son existence n’est pas le fruit de la popularité du personnage, mais bien d’une volonté personnelle. Je pense que ce climat a beaucoup joué dans la forme qu’a prise le récit. Maeda explique qu’il apprécie beaucoup Tomoyo et qu’il veut rendre compte des signifiants de la fin de sa route. Aujourd’hui, je pense que le personnage et sa route sont beaucoup plus appréciés. En témoigne les différents classements de personnages que l’on peut trouver ici et là. Je pense qu’on peut alors dire que les intentions de Maeda vis-à-vis de Tomoyo ont fini par être livrées au plus grand nombre ? – A l’origine, Fuuko devait plutôt être un personnage de type sœur aînée calme. C’est toujours dans le souhait permanent de faire de CLANNAD un objet populaire qu’elle a été remaniée dans la forme que nous connaissons aujourd’hui. La raison de ses deux fins est aussi expliquée. Celle qui tourne davantage sa relation avec Tomoya comme une grande amitié est celle qui l’a imaginée en premier lieu. La version “amoureuse“ est venue après, car il a pensé que cette dernière était nécessaire au vu du statut du jeu. – La galère autour de Yukine est également abordée. Imaginée comme un personnage principal, son écriture a été relayée à deux reprises à une autre personne. Ce qui l’a réduit finalement à devenir un personnage secondaire. Une véritable tragédie pour moi… Puisque c’est mon personnage préféré. – Des mini-jeux qui n’ont pas pu être intégrés sont évoqués. L’un d’entre eux est une exploration type Dungeon-RPG avec un labyrinthe géant caché sous la salle de stockage de la salle de sport. Maeda a dû abandonner l’idée faute de temps. Je trouve rigolo cette mention, parce que ce bail d’exploration de donjon va se poursuivre à plusieurs reprises après CLANNAD. – Les trois écrivains ont sélectionné chacun une scène qu’ils trouvent mémorable. Celui de Maeda est celui que je trouve le moins surprenant, d’autant que ça concerne une scène qu’il a écrite lui-même… Pour Kai et Suzumoto Yuuichi, cela m’est davantage intéressant. Kai aime la scène de réconciliation paternelle. Et Suzumoto Yuuichi aime la fin de la route de Fuuko, qui rajoute de manière condensé des éléments qu’il trouve manquant à Kanon. C’est une remarque que je trouve bien pertinente. – Des explications sont données sur la nature du Monde Illusoire : les créatures de ce monde sont le fruit d’objets issus du monde réel. Si celui-ci est traité avec soin, alors celui-ci va se sentir reconnaissant et aider les humains dans le Monde Illusoire. Des exemples assez clairs sont donnés. Notamment l’étoile que l’on peut donner au père de Tomoya. – En fin d’interview, on leur demande s’il faut s’attendre à une poursuite de ce qui n’a pas pu être fait avec CLANNAD, chose à laquelle il est répondu que non. Selon eux, il n’est pas possible de refaire quelque chose d’aussi ambitieux que CLANNAD. Ce qui explique peut-être en partie pourquoi par la suite il y a eu un retour bref d’H-Scenes, ou une direction narrative que je trouve moins fédératrice ? – A côté de l’interview, il y a des petits commentaires sous formes de lettres manuscrites de quelques autres membres du studio. Le tout m’apparaît plutôt anecdotique, ce sont essentiellement des remerciements et des remarques sur la longueur qu’a pris CLANNAD pour sortir. Je retiendrais pour mon argumentaire ce que dit le compositeur Togoshi Magome. Il espère que son prochain travail le permettra aussi d’être présent dans un visual fan book. Personnellement, c’est surtout ça que j’ai apprécié dans la présence de ces personnes. Je trouve ça chouette d’avoir inclus d’autres membres comme ça, même si le cœur de l’interview réside dans un échange avec les scénaristes principaux. – Je pense que l’interview fait un très beau tour de CLANNAD, et je pense que c’est une superbe poursuite à lire une fois qu’on a terminé le VN. Par contre, je trouve que Maeda mange trop la vedette comparée aux deux autres. J’avoue que sa plus grande prise de parole ne rend pas spécialement en valeur ses confrères. Mais je suis quand même touché par les interventions que donnent ses collègues. J’apprécie particulièrement les commentaires de Suzumoto Yuuichi qui a des avis bien tranchés pour une interview très “corporate“. Je ressens dans cet interview comment le développement de CLANNAD a été dur pour lui mais qu’il a donné tout ce qu’il avait. Il devait faire beaucoup plus que travailler sur Kotomi à l’origine, et malgré cela, c’est lui qui s’est quand même occupé après du scénario de planetarian. Je pense que cela témoigne de son investissement. |
Cette partie se conclut par les partitions et paroles des chansons Mag Mell, Kage Futatsu et Chiisana Tenohira. Il y a un petit texte à chaque fois qui explique aussi quelque chose sur la chanson. Pour Mag Mell par exemple, cela explique que le nom provient du domaine mythique de la mythologie celtique. Le tout m’apparaît toujours très bien illustré… et très spoilant !
‣ C’est avec sa quatrième partie que ce Visual Fan Book renoue avec mon précédent article sur CLANNAD. Celle-ci est consacrée à des créations originales conçues spécialement pour ce livre.
Et dans un premier temps, elle donne à voir des illustrations anthologiques en double page ! Chaque illustration est faite par un illustrateur différent, et se voit accompagné d’un titre et d’un commentaire :
• 胸騒ぎの放課後 – 白百合編 (Munasawagi no houkago – Shirayuri-hen) : Prémonition après l’école – Edition Yuri – Illustrateur : Shida Kazuhiro •
Personnages : ★★
C’est un illustrateur que je connais pour son travail sur les VN Favorite. Lors de cette illustration, il est aux balbutiements de sa carrière. Le premier VN sur lequel il a travaillé en tant qu’illustrateur, Angel Wish, vient tout chaudement de sortir ! Et le moins que je puisse dire, c’est que pour des débuts, il fait fort ! Je trouve son illustration vachement belle, colorée et mignonne. Elle reprend une scène entre Kyou et Nagisa. Les petits chibi sur le côté rajoutent aussi pour moi un charme indéniable.
• 有意義な時間の過ごし方 (Yuuigina jikan no sugoshikata) : Comment passer du bon temps – Illustrateur : Double Dragon •
Le nom de cet artiste peut se confondre avec un autre artiste, Souryu, que je connais de loin pour un manga que je n’ai pas (encore ?) lu : Partners 2.0. Je pense qu’il est facile de se tromper. Il y a pour ainsi dire des informations sur Double Dragon qui circulent en parlant pourtant de l’autre artiste. Je trouve ça d’ailleurs bien pénible, car je trouve que ce n’est pas évident de trouver des informations sur le véritable Double Dragon (la phrase me paraît un peu stylé sorti de son contexte) ! Le fait qu’il n’exerce vraisemblablement plus son activité d’illustrateur professionnel n’aide pas. Lors de la sortie de ce Visual Fan Book, nous sommes néanmoins en plein dans les débuts de sa carrière ! Je n’ai touché à aucun VN de ceux qu’il a touché, et je n’ai jamais consommé quoi que ce soit de son cercle doujin . Ironiquement mes recherches sur ce dernier ont surtout éveillé ma curiosité pour l’autre artiste qui partage ses mêmes kanji つ﹏⊂. De ce que j’ai vu visuellement en coup d’œil, je suis aussi étonné de voir qu’avec ses 13 ans de dessins dans l’industrie du VN, ce qui attire le plus mon regard est cette illustration qu’il a faite pour ce Visual Fan Book. J’aime bien la bouille qu’il donne à Kyou.
• おフロじゃぶじゃぶ (O furo jabujabu) : Splash Splash dans le bain – Illustrateur : Katagiri Hinata •
Personnages : ★
Artiste que je connais… Sans vraiment la connaître de manière individuelle. Je la visualise juste sur les Koihime de BaseSon, où chaque épisode fait intervenir beaucoup d’illustrateurs différents. A la sortie de ce VF, elle venait tout juste de commencer à travailler pour eux. La série Koihime, qui est sûrement le symbole de BaseSon, n’existait même pas encore. Et aujourd’hui, plus de 20 ans après, elle y travaille toujours ! Encore une fois, on a donc affaire à une artiste aux prémices de sa carrière. Et de ce que je vois de loin, ses activités semblent loin de se réduire à ce studio.
J’aime la reprise des traits des personnages dans son illustration. J’aime la chaleur qui s’en dégage. J’apprécie notamment le traitement de la couleur. C’est un dessin qui me semble avoir des caractéristiques plutôt actuelles. Je ne saurais pas de quand date l’illustration, je pourrais croire sans problème qu’elle est récente. Cela témoigne pour moi du talent de l’artiste. C’est surprenant, et rafraîchissant aussi d’avoir un peu de nudité. Ce n’est pas pour me déplaire ahah.
• ある昼食の風景 (Aru chuushoku no fuukei) : Scène de déjeuner – Illustrateur : Sakaki MAKI •
En comparaison, la double page d’après de Sakaki MAKI m’apparaît d’un style plus ancien. A l’époque de ce livre, il a commencé à travailler pour le studio Ankh. Studio qui n’est hélas plus en activité. Ce qui n’a pas arrêté Sakaki heureusement. Il semblerait qu’il ait travaillé pour des VN jusqu’en 2013, avant de basculer complètement dans le doujin. Les traces les plus récentes que je trouve à son sujet datent de 2017. J’espère que tout va bien pour lui là où il est.
La scène de déjeuner qu’il donne ici m’est toute chouette. La gentillesse de Kotomi et de son groupe m’apparaît bien retranscrite. J’aime bien le détail de la nourriture pixelisé, comme pour signifier que la nourriture est dangereuse. Avec à côté, le sourire de Kotomi qui a comme hâte que Tomoya se serve.
• あ紅く染まる世界の中で (Akaku somaru sekai no naka de) : Dans un monde teint en rouge –Illustrateur : KeG •
Pour les deux dernières doubles pages, on a affaire à un artiste qui m’apparaît assez gros, même si j’ai jamais mangé quoi que ce soit de lui. Au moment de la sortie du visual fanbook, KeG a déjà illustré pas mal de choses. Et les années vont ne cesser que de croître ses horizons. C’est notamment lui l’illustrateur du light novel Skeleton Knight in Another World.
Son illustration d’une Tomoyo sous un crépuscule me paraît plus sombre que le climat de CLANNAD. Les vêtements entièrement noirs jouent incontestablement dans ce sentiment. Le travail sur ses lèvres et les ombres me donnent à voir une Tomoyo très fragile. J’ai l’impression qu’il pourrait lui arriver de terribles choses. En commentaire, KeG dit que la force du personnage réside aussi dans la faiblesse à laquelle elle peut être sujette. Et je ne peux qu’être d’accord avec ça. Son interprétation m’est intéressante.
Comme je l’ai déjà dit dans mon précédent article sur l’anthologie de Jive. Je relève encore le choix qui a été fait sur les artistes que je trouve vraiment bon. Que ce soit par rapport à leurs relations avec les VN dans l’industrie, ou par le fait qu’ils ne sont pas des artistes très connus pour la plupart.
D’une saveur bien différente, ce qui suit ces illustrations est ni plus ni moins que trois nouvelles écrites par les trois scénaristiques qui ont été interviewés. Ce sont des histoires complètement canoniques illustrées par GotoP, qui a aussi illustré les Side Stories :
• 彼女の境界線 (Kanojo no kyoukai-sen) : Les limites d’une fille – Auteur : Kai / Illustrateur : GotoP •
Personnages : ★
Cette suite avec Kyou aborde un cas que je trouve intéressant, celui de l’inquiétude réciproque du couple envers Ryou. Tous deux savent que de l’extérieur, leur relation se base sur quelque chose de problématique. Et même si la situation a pu être expliquée, et qu’on ne leur tient plus rigueur à tort, chacun de son côté est sujet au poids du regard de Ryou. A cause de cela, Kyou ne veut pas dépasser un cap relationnel avec Tomoya. Et Tomoya ne veux pas être vu par Ryou en présence de Kyou.
Dans cette histoire, on a la fois le point de vue de Tomoya et de Kyou. Ce que je trouve plutôt chouette.
Puisque l’histoire ne fait que 4 pages, forcément, ça restreint les possibilités de suite. Donc ça reste vraiment sur un terrain qui reste connu. J’apprécie la maturité qui est montrée par Ryou après avoir été brièvement en relation avec Tomoya. Et j’aime comment sa relation avec sa sœur est réévaluée par rapport à ça.
C’est une suite qui a un caractère un peu chaud, ce qui m’a surpris. Bien que cela ne me soit pas désagréable. Je trouve Kyou mignonne dans la problématique qu’elle rencontre. Je trouve quand même dommage que le format de l’histoire semble restreindre l’évolution du couple.
J’apprécie beaucoup le dessin de GotoP. Il capte bien pour moi ce côté mignon qu’il y a avec Kyou. Ce dessin, comme les suivants, est dans la lignée de ceux que l’on retrouve dans Side Stories. Mais ici, les dessins sont monochromes et ont un côté crayonné bien propre avec des lignes qui parsèment toute l’illustration dans une seule et même direction.
しっぽの国のことみ (Shippo no Kuni no Kotomi) : Kotomi du Pays des queues – Auteur : Suzumoto Yuuichi / Illustrateur : GotoP •
Personnages : ★
Histoire : ★★
C’est une histoire que je trouve vraiment bien écrite. Les fondations de cette nouvelle se basent sur un comique de répétition que je trouve super efficace. L’histoire m’apparaît vraiment pensée pour le format dans lequel elle est publiée. Il y a un soucis de rythme que je trouve pertinent et qui sait gérer plusieurs surprises au sein même d’une petite histoire comme celle-ci.
Le fait que l’histoire se concentre principalement sur la dynamique du club de théâtre avec ses filles en écartant les garçons est aussi pour moi un bon point. Comme déjà expliqué dans mon article sur l’anthologie de Jive, la dynamique de groupe entre les filles n’est pas grandement là pour moi dans le VN sorti de la route de Kotomi. Donc je trouve ça bien de plutôt s’axer sur cela. Il est certain par contre que cette histoire est décevante si on attend vraiment de cette dernière qu’elle soit une suite.
J’aime les comportements de Kotomi, mais aussi celui des autres personnages. J’adore comment ici Kotomi décrit son environnement, ses jalousies enfantines ou ses craintes face à la “tyranique“ Kyou.
Si la première nouvelle a une illustration horizontale, celle de cette histoire est verticale. Mais alors que la première illustration prenait toute la longueur d’une page, celle-ci ne prend pas toute la largeur. Je trouve ça un peu triste, car ça veut dire que toutes les histoires ne sont pas logées à la même enseigne. Par contre, c’est certain que ça donne une diversité de formes aux trois histoires de ce Visual Fan Book. Heureusement, son contenant n’en reste pas moins à mon goût. Je trouve dessus Kotomi vraiment mignonne tout plein. Et j’adore son sourire.
• 小さな宇宙 (Chiisana uchuu) : Petit univers – Auteur : Maeda Jun / Illustrateur : GotoP •
Plus-value : ★
Personnages : ★★
Cette nouvelle est légèrement plus longue comparée aux autres. Un “Maeda privilège“ ? Va savoir.
La mise en page est légèrement différente aussi. Si tous ceux d’avant avaient des sortes de chapitres, avec des fleurs qui séparent des paragraphes, il n’y en a pas ici. Par contre, le récit a quand même beaucoup de paragraphes et beaucoup d’ellipses.
Autre différence, il ne s’agit pas cette fois-ci d’une histoire qui se place après une route. C’est davantage une histoire parallèle à l’histoire que nous connaissons de Fuuko.
Ce que je trouve particulièrement intéressant ici, c’est que nous sommes du point de vue d’un personnage original. Un enfant d’école primaire du nom de Nishino qui est hospitalisé dans un hôpital qui, lui par contre, n’est pas inconnu des lecteurs du VN.
Je dirais que c’est une histoire qui ne paye pas de mine comme ça, mais qui à mon sens élargit explicitement le degré d’investissement social dont Fuuko fait preuve auprès d’autrui. Fuuko se montre ici très dévouée. Elle va bien au-delà de donner des étoiles aux gens pour le mariage de sa sœur. Elle se donne elle-même aux autres qui sont dans le besoin. Aux yeux de Nishino, Fuuko est quelqu’un de magique. Ce qu’elle est littéralement à ce stade de l’histoire. Elle est au-delà des lois de la physique, au-delà des lois de la vie et de la mort. Elle est comme un ange. Je trouve que la correspondance de Fuuko avec un enfant hospitalisé au porte de la mort est vraiment bien trouvée. C’est une histoire qui témoigne pour moi de la volonté exemplaire dont fait preuve Fuuko.
Je trouve peu de choses sur les Another Storys sur internet, mais les rares traces que je trouve à son sujet témoigne d’une affection certaine pour cette histoire et son personnage original. Il y a notamment un fan club chinois de Key qui en a fait une adaptation non officielle en VN.
Dans toute cette affaire, je suis triste que l’illustration ne montre pas Nishino. Même si je trouve l’illustration quand même pertinente au regard de sa fin. J’aime comment la fin raccroche les wagons avec l’intrigue principale de Fuuko. Je trouve réussie la manière dont la force de Fuuko parvient à être communiquée indirectement à sa sœur. L’illustration monochrome de cette illustration tend vers le gris. Ce qui donne à mon sens un côté angélique bien pertinent. C’est aussi l’image la plus grande des trois nouvelles. Elle prend plus de 2/3 d’une page.
‣ Pour se conclure, ce Visual Fan Book donne à voir différents croquis.
Les 5 premières pages sont des croquis de CG. Parfois, il y a des éléments en plus dans les dessins. On y retrouve par exemple des petits personnages similaires à ceux que l’on peut voir dans l’intérieur de la boîte du VF. Ou des éléments incongrus et rigolos qui ne sont évidemment pas conçus pour rester. Genre on a une étoile de mer sculptée avec des yeux qui fume une cigarette. Il y a aussi des petits commentaires, surtout descriptifs, pour quelques CG. Cela donne des informations sur ce qui les différencie du CG terminé.
En dernière page, nous avons des croquis de chara-design sur les personnages. L’occasion de voir comment des personnages ont d’abord été imaginés avant d’évoluer dans les formes que nous connaissons dans le VN. Je trouve dommage qu’on est pas la présence de tous les personnages. Le choix des personnages est peut-être discutable également ? Mais peut-être que les dessins choisis sont peut-être uniquement ceux où il y a justement des différences ? Et ici encore, le même type de commentaire est présent à côté des dessins.
Ces dessins ne font pas exception. J’aime ce genre de dessins. Outre le caractère “histoire du dessin“, j’aime les perceptions différentes qu’ils me donnent. Ici ça marche d’autant bien grâce aux fantaisies d’Hinoue Hitaru.
A côté du très massif 10th Anniversary Artbook, ce Visual Fan Book fait peut-être pâle figure. Mais c’est un visual fanbook qui m’est loin d’être avare en contenu et qui donne déjà tout ce que je recherche dans ce genre de livre. Une interview, des illustrations, des histoires originales… C’est un visual fanbook comme je les aime !
Quant à ce que je pense du 10th Anniversary Artbook, affaire à suivre dans un prochain article !