MON RAPPORT A INTERNET – De 1999 à 2025

Je me suis toujours considéré comme un enfant d’internet. Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, celui-ci m’apparaît toujours comme une grande préoccupation.
Ma naissance en 1999 me semble être un épisode charnière pour internet. Il commence sérieusement à s’éveiller au plus grand nombre, sans être encore pleinement intégré dans le quotidien de la majorité des gens. Puis, au fur et à mesure de mes premières années de vie, j’ai l’impression d’avoir assisté à son adoption de plus en plus large.

Pour autant, malgré cette proximité que je ressens envers internet, j’ai toujours le sentiment de le découvrir aujourd’hui. Mon rapport avec lui ne cesse d’évoluer.
Et avec les mois qui ont suivi la troisième année de mon site, j’ai eu envie de faire une rétrospective sur l’évolution de mon rapport à internet. Dans le souhait de mieux saisir le cheminement qui m’a emmené à vivre internet comme je le vis aujourd’hui :

1999-2004 : Clic-Clic

Si je me considère comme ayant toujours été proche d’internet, cela ne signifie pas pour autant que j’ai toujours baigné abondamment à son contact. Je ne crois pas avoir vraiment touché d’ordinateur avant mes 5 ans. Jusqu’à cet âge-là, mon rapport avec internet et la machinerie qui l’accompagne n’était qu’abstrait. Je n’ai en souvenir que quelques sons et images de cette période-là. Je me souviens essentiellement de ma famille dans un sous-sol devant un ordinateur avec un modem internet qui faisait son bruit caractéristique. J’adorais voir l’écran réagir face aux interactions que faisait la personne en face de l’ordinateur. Mes premières images d’un écran allumé doivent correspondre à Windows 2000 ? Je ne m’en souviens pas, mais ma mère m’a rapporté que mes premiers mots clairs n’étaient autre que « Clic-Clic » en mimant de l’une de mes mains le clic d’une souris. A son grand désarroi.

2005-2007 : Une découverte par le biais du jeu vidéo •

Je n’ai pas le souvenir qu’on m’ait appris à utiliser les bases d’un ordinateur. Je crois que c’est juste venu à force d’observer ma famille, puis en explorant moi-même l’ordinateur familial lorsque j’en ai eu le droit.

Par contre, en dépit de mon intérêt porté pour les ordinateurs dès mon plus jeune âge, j’ai eu une éducation très vigilante sur les interactions que je pouvais avoir avec. Je n’avais pas le droit de faire beaucoup de choses sur internet, et fatalement sur un ordinateur.

Non sans frustration, les quelques pages sur lesquelles j’accédais étaient surtout celles où mes frères avaient obtenu une autorisation.
Les premiers sites sur lesquels je suis allé sont des sites de jeux vidéo gratuits flash, et eBay. Ma famille ne roulait pas du tout sur l’or, et acheter un jeu vidéo était une denrée rare qui pouvait arriver une à deux fois par an. Alors, j’accueillais avec beaucoup de plaisir tous ces jeux gratuits et aimait rêver devant tous ces jeux vendus sur internet.
Je n’ai pas de souvenir d’avoir utilisé de moteur de recherche à cette période-là. Je restais sur des domaines précis, et le changement d’un domaine à un autre passait par les favoris du navigateur.

Mes grands frères avaient plusieurs connaissances qui avaient un plus grand accès à internet. Ainsi, si nous n’avions pas accès à tout sur internet, mes frères pouvaient en obtenir davantage en passant par eux. Nous avons par exemple très vite été en contact avec des émulateurs de consoles portables grâce à des copies sur clés USB.

Certainement sur l’influence de ces personnes, de nouveaux sites se sont progressivement rajoutés dans ceux que je visitais.
Il y avait d’abord Jeuxvideo.com et son homologue Jeuxvideo.fr. Je ne lisais pas vraiment les actualités ou les tests. Ma navigation sur ces derniers n’étaient qu’une poursuite de ce que je faisais sur eBay. Avec l’ajout non négligeable des vidéos sur le site, qui étaient les premières que je voyais sur internet. Ces dernières se sont très vite imposées comme un moyen privilégié pour obtenir des aperçus sur des jeux vidéo. Ici encore, le fait que c’était gratuit a été quelque chose de significatif. Je savais déjà qu’il y avait d’autres moyens comme les magazines ou des émissions à la télévision, mais nous n’y avions pas accès.
Ensuite, il y avait les sites d’Ankama et le fan-site Barbok autour de Dofus.
J’en ai déjà parlé dans un article dédié, Dofus a été le premier jeu où j’ai joué en ligne avec d’autres personnes en simultané. Je n’y ai pas beaucoup joué, autant limité par l’accès que j’avais des ordinateurs que de la zone gratuite du jeu. Mais cela ne m’a pas empêché de nourrir une affectation pour le genre. Tout ce que je faisais dedans m’émerveillait. C’était le début d’une grande intrigue tumultueuse avec les MMORPG qui est toujours en cours…

2008-2011 : Moteur d’une passion

Un grand bouleversement familial a pas mal contribué à ce que je pouvais faire sur internet. Non sans avoir vraiment un plus grand accès, j’avais davantage moyen de tricher dans les restrictions que l’on m’imposait. C’est aussi à partir de ce moment-là que j’ai commencé à m’émanciper progressivement de ce que faisaient mes frères sur internet.

Mes premières découvertes indépendantes sur internet datent de ce moment-là. Les nouveaux sites que je découvrais désormais étaient autant le fruit de liens au sein des sites internet que je connaissais que de résultats de moteurs de recherche.

J’ai tout d’abord poursuivi ce que je faisais déjà avant en cherchant de nouveaux sites autour du jeu vidéo. Cela m’a très vite emmené sur des sites comme Le Palais de Zelda ou Legendra, bien avant que j’y crée un compte.
Je n’éprouvais à ce moment-là aucun besoin d’échanger avec des communautés de sites internet. J’avais bien certains échanges sur internet, mais cela se coltinait juste à quelques messages sur Windows Live Messenger avec un ancien camarade de classe de l’un de mes frères, et à quelques interactions au sein même des jeux en ligne que je jouais.
Mon lien entre jeux vidéo et internet a continué d’entretenir une singularité par les ordinateurs avec le téléchargement de jeux pour émulateurs, de jeux amateurs et les MMORPG gratuit. Comme j’avais moins accès aux jeux sur ordinateurs qu’aux jeux sur consoles de salon, cela a vraiment contribué à développer à cette période une distinction forte sur ce que pouvait m’apporter de différent un ordinateur.

Comme ma famille n’avait pas beaucoup d’argent, et que nos temps d’écrans étaient limités, internet s’est imposé pour moi comme un meilleur moyen d’accéder à ce que le temps et l’argent ne me donnaient pas culturellement.
Avec ce que j’avais découvert de part et d’autres, mon intérêt sur internet s’est essentiellement porté sur la pop-culture japonaise. Et ma passion pour le Japon a rapidement pointé le bout de son nez.

J’ai dès cette période-là commencé à regarder de moins en moins les animes de la télévision au profit d’internet. Je pouvais les regarder bien plus facilement. En plus d’avoir accès à plus de choix et à des versions originales sous-titrées. L’unique solution qui m’est apparue à ce moment-là était le streaming gratuit. L’expérience était parfois tumultueuse, entre des lecteurs vidéos limitant le temps de visionnage gratuit, des épisodes coupés en plusieurs parties et la publicité, mais cela en valait le prix pour moi.

J’ai aussi lu des manga en scan, mais ce n’était déjà pas à l’époque une expérience que je trouvais très agréable. Mais j’optais pour cette option quand ce que je voulais lire n’était pas disponible en médiathèque.

Ainsi, malgré l’accès limité que j’en avais, internet s’est imposé comme vital pour moi dès ce moment. C’était mon principal moyen de vivre ma passion naissante.

Je me demande si ce rapport culturel par internet n’a pas nourri dès cette période mon désintérêt pour une consommation culturelle hiérarchisée, avec ses objets “populaires” et “classiques” ?
Déjà à ce moment-là, ce qui me faisait passer sur internet d’un objet culturel à un autre n’avait que peu de lien avec ces notions.

2012-2013 : Percée de liberté par le smartphone •

Si je considère n’avoir jamais été un gros utilisateur de smartphone, je reconnais, par contre, l’impact qu’ils ont eu sur moi lorsque j’en ai obtenu un pour la première fois. C’était durant ma deuxième année de collège, et c’était un Huawei U8350.
Celui-ci m’apparaissait limité comparé à ce que j’avais pu constater sur d’autres smartphones, mais il m’ouvrait quand même une porte énorme : un moyen d’aller davantage sur internet grâce à son wifi. Sa portabilité me permettant d’outrepasser plusieurs restrictions que j’avais.
Avec ce smartphone, j’ai pu commencer à avoir une utilisation presque quotidienne d’internet. Et l’utilisation que je faisais alors d’internet a autant pu s’enrichir que développer de nouvelles voies.

Un intérêt très prononcé pour des plateformes de vidéos comme Dailymotion ou YouTube est notamment apparu. Je me suis mis à suivre très religieusement beaucoup de chaînes vidéos parlant de pop-culture japonaise et de jeux vidéo. Je me suis trouvé très fasciné par la démarche intimiste de parler de ces sujets et j’ai très vite eu envie moi aussi de partager autour de sujets que j’aime sur internet.

J’ai alors fait rapidement mes premières armes en montage vidéo puis j’ai créé une chaîne sur Dailymotion et YouTube.
Le rythme de publication que j’avais m’apparaît assez conséquent aujourd’hui. Il me semble que sur ma première salve de chaînes, j’avais dépassé les 200 vidéos.

Je faisais pas mal de contenus différents, mais ce qui prédominait était le let’s play. Le tout bien évidemment filmé avec une caméra compacte posée sur des piles de livres.

Et ce que je trouve toujours dingue, c’est que ces vidéos avaient su rencontrer un petit public avec des gens d’un âge similaire au mien.
Skype s’est naturellement imposé pour pouvoir échanger avec ces personnes qui regardaient mes vidéos, comme avec d’autres qui faisaient aussi des vidéos.

Skype, Dailymotion et YouTube ont donc été mes premiers moyens concrets d’échanger interpersonnellement sur internet.

Durant cette fièvre de publications de vidéos, j’ai également survolé deux autres manières de partager sur internet.
Il y a d’abord eu le blogging qui m’a intéressé. Pour avoir d’abord navigué sur des sites internet, cela m’intéressait d’explorer ce format. Mais je ne suis pas allé bien loin. Les outils m’apparaissaient plus complexes pour obtenir un site à mon goût. Et mon appétit bien plus fort pour la vidéo ne m’a clairement pas aidé à creuser le sujet.
J’ai commencé aussi timidement à m’intéresser aux forums. J’ai un peu suivi et écrit sur des forums de Jeuxvideo.com. J’ai pris conscience de plusieurs forums de sites que je visitais comme celui de Legendra, mais je ne me suis pas pour autant investi dans ces derniers. Je trouvais qu’ils dégageaient quelque chose de beaucoup plus appliqué, et je me sentais trop peu rodé pour m’investir dedans. Cela m’apparaissait déjà que les échanges que ceux-ci donnaient étaient différents des messageries instantanées, sans vraiment saisir exactement à quoi c’était dû.

Si toute cette dynamique avec internet a su m’apporter de belles choses, elle m’a aussi beaucoup insatisfait et rendu honteux. Le partage de vidéo vampirisait mon énergie et je n’arrivais pas à être satisfait de ce que je partageais.
J’ai fini par ressentir que quelque chose n’allait pas dans ma manière d’aborder internet et j’ai fini par supprimer mes chaînes vidéos.

2014-2016 : Ordinateur sous examen •

J’ai obtenu mon premier ordinateur personnel au milieu du lycée. J’étais très heureux d’en avoir enfin un.
Les limites de ma famille vis-à-vis des écrans demeuraient toujours, mais cela m’a quand même permis d’avoir un meilleur accès aux ordinateurs et à internet.
Son acquisition a surtout été le terrain de plusieurs expérimentations. Je l’ai essentiellement utilisé pour essayer ce que je ne pouvais pas faire jusqu’à lors, ou difficilement.

Si j’ai des doutes sur le fait que je serais tombé amoureux de la pop-culture japonaise sans internet, j’en ai encore plus pour le visual novel.
Avec l’arrivée de mon ordinateur, ce type de jeux vidéo qui m’était complètement invisible s’est imposé quasi immédiatement comme un incontournable de ma vie.
A ce moment-là, l’ordinateur est devenu en grande partie pour moi un moyen de lire des visual novel.
La découverte du marché du visual novel m’a aussi fait sortir pour la première fois des gros circuits de distributions occidentales. J’ai découvert d’autres manières de vendre qui m’ont interpellé sur l’intérêt de ne pas vendre tout au même endroit.

J’ai fait de nouvelles investigations sur des jeux en ligne. Je ne les avais jamais lâchés, mais avoir mon propre ordinateur me donnait un nouveau confort. C’est encore à ce jour la seule période où j’ai pu me retrouver régulièrement avec un compagnon de jeu qui était aussi un ami de la vraie vie.

Toujours dans l’envie de partager des vidéos sur internet, je me suis fait les mains sur plusieurs logiciels qui n’étaient pas du tout capables de tourner sur l’ordinateur familial. Mais plutôt qu’un souhait de faire de meilleures vidéos, j’ai surtout cherché de nouvelles directions pour m’exprimer. J’ai beaucoup aimé à ce sujet la correspondance de cette recherche avec ma scolarité, puisque j’ai eu plusieurs opportunités de la mettre en pratique.
Ainsi, si j’avais bien créé une nouvelle chaîne YouTube juste après la suppression de mes premières chaînes, il ne résulte finalement de cette période que des tests.
L’une de mes intrigues notables était celui de la capture de jeux sur console de salon. Je ne voulais plus filmer des écrans avec une caméra compacte. J’avais alors fait l’acquisition d’un Dazzle DVC 100. J’ai encore quelques tests de cette période en non répertoriés :

Lors de ce test, je m’étais naïvement imaginé faire le suivi vidéo de mes 1000G sur Star Ocean: The Last Hope.
Mais j’ai fini par me résoudre que ce n’était pas lucide au vu de mes conditions de l’époque.

Ce qui l’était davantage, c’était de passer par un autre format. Et c’est comme ça que je me suis mis à blogger légèrement.
Le site Legendra permettant d’héberger gratuitement des blogs sous quelques consignes, c’est là-bas que j’ai décidé de publier mes articles fin 2016. Et c’est par ce biais que je rejoignis pour la première fois de manière active une communauté sur internet.

2017-2021 : Nouvelles ondulations •

Mon euphorie du partage sur internet par la vidéo s’est dissipée au profit d’une envie de manger sous différents formats ce qu’internet avait à proposer.

La répétitivité et la longueur des tâches que me demandaient les 1000G de Star Ocean: The Last Hope ont suscité une envie de pouvoir vivre autre chose tout en gardant un œil sur mon écran de jeu. C’est ce qui m’a amené aux podcasts. Le plaisir de ce format a rapidement dépassé le jeu et je me suis mis à en écouter à d’autres occasions comme le ménage ou l’écriture de mes fiches de révisions. Mes premiers pas dans cet univers auditif se sont principalement faits avec Les Tauliers, LOLJAPON ou encore Le Cosy Corner.
Leurs personnalités et leurs propos se sont révélés pour moi très enrichissants. Elles m’ont paru bien plus savantes que la plupart des personnes que j’avais suivies jusqu’à présent.

Sous l’impulsion de plusieurs de ses animateurs, j’ai eu envie d’en avoir plus à leur sujet, ce qui m’a amené à découvrir le monde des réseaux sociaux.
Sa rentrée m’a été rafraîchissante avec Twitter pour tout ce qu’on ne retrouvait que là-bas. Bien que j’étais surpris de constater que beaucoup n’échangeaient que comme ça. Déjà à ce moment, les posts m’apparaissent noyés dans ce système de fil et limités par un certain nombre de restrictions comme le nombre de caractères. C’est un rapport plus instinctif, plus synthétique et davantage lié au présent de chacun que je découvrais ?
Mon expérience sur Twitter fut particulièrement douillette et bienveillante. Elle ne se composait que de quelques comptes suivis. Et les quelques échanges que j’ai eus dessus m’étaient agréables. En dehors de Legendra, je ne m’étais plus trop trouvé d’occasion de parler avec d’autres communautés sur internet.
Par contre, dès qu’il a s’agit de devoir user de d’autres réseaux sociaux dans des conditions qui n’étaient pas les miennes, là, cela m’a énormément dérangé.
Ma scolarité m’a vivement “conseillé” d’être sur Facebook pour suivre informations et échanges qui ne passaient que par là. Je n’ai aimé à aucun moment ce que j’y voyais, et je trouvais ça intolérable de ne faire communiquer des informations que par là.

Probablement de pair avec cette découverte des réseaux sociaux, je me suis un peu mis à suivre des sites offrant de l’actualité autour de la pop-culture japonaise et du jeu vidéo.

J’appréciais l’intimité des gens que je retrouvais sur Twitter, mais celle que je préférais ne résidait pas pour autant là-bas. Plusieurs personnes que je m’étais mises à suivre partageaient aussi sur internet par un autre moyen : le blog.
Et c’est vraiment là, après tout ce que j’avais désormais découvert sur internet, que ces derniers me sont apparus comme génial. Pas de bol pour moi, je m’y suis vraiment intéressé quand ces derniers ont commencé à perdre en intérêt pour beaucoup de personnes. Chose que j’ai trouvée dommage. Car ces derniers me sont apparus comme un bien meilleur moyen de partager sur internet dans un environnement personnalisable, sans être dépendant de consignes ou d’interfaces.

Peut-être de manière inéluctable à tout cela, le nombre de vidéos que je regardais sur YouTube s’est considérablement réduit. J’ai fini par être lassé de certains types de contenus que je regardais. Le suivi des chaînes que je me suis mis à suivre a fini par atteindre une taille similaire à ce que je pouvais suivre sur Twitter (une trentaine de chaînes).
C’est également là que j’ai fini par trouver l’utilisation de YouTube moins agréable avec ses nouvelles interfaces, ses recommandations ou encore l’apparition des Shorts.
A ce stade-là, mon utilisation de YouTube est essentiellement devenue une base de recherches pour chercher des sujets précis sans chercher à suivre des chaînes. Et pour écouter de la musique.

Si YouTube a réussi malgré tout à garder une place dans mon utilisation d’internet, cela n’a pas été le cas de Skype. J’étais plutôt réfractaire à l’origine, mais le fait que les gens avec qui je parlais cessaient d’être sur Skype, et Legendra qui partait sur Discord, ont eu raison de moi. Mon débarquement sur Discord fut très positif. C’était pour moi bien moins gourmand que Skype, et bien plus riche dans la manière de converser avec les gens.
Néanmoins, je reste triste que ce déménagement massif ait eu lieu peu de temps après mes débuts de membre actif sur Legendra. Je n’ai pas pu profiter du forum alors que celui-ci était très actif.

Face à tous ces changements, mes envies de partage sur internet, toujours présentes, n’ont cessé d’être interrogées durant toutes ces années sur l’approche que je voulais avoir.
Bien que l’euphorie de la vidéo me soit passée, je n’en restais pas moins intéressé par elle. Au point que c’est ce qui m’a emmené à commencer des études dans le cinéma. Ce pas de côté vers cette discipline m’a particulièrement éduqué sur ce que je recherchais dans une vidéo. Cela a fini par m’emmener à la conclusion que tout ce que je voulais partager n’avait pas à passer par la vidéo.
C’est de cela que m’est venue l’envie de faire un blog comme lieu principal de partage.

2022-2024 : Mon internet à moi •

Si j’ai posté quelques billets sur mon blog de Legendra, j’ai vite compris que je ne pourrais pas publier tout ce que je voudrais dessus et que sa personnalisation avait ses limites. J’ai donc eu envie très vite de créer mon propre site.
J’ai été dès le départ très satisfait du résultat. C’était clair que j’avais enfin trouvé le moyen qu’il me fallait pour partager sur internet. J’avais enfin trouvé mon espace pour partager tout ce que je voulais sans aucune limites.
C’est à ce point-là de ma vie que j’ai pu me dire que j’étais heureux.

L’envie de toujours plus choyer et fortifier ce bonheur s’est naturellement installée au fur et à mesure que j’ai développé mon site. Mon blog et la liberté que j’y trouve se sont imposés comme maîtres de mon rapport à internet mais aussi au-delà.
Je me suis décidé de monter mon propre ordinateur, d’être davantage acteur de ce qui fait fonctionner ces machines que j’utilise en permanence. Accessoirement, cela m’a aussi fait cessé de répartir mes activités de jeux vidéos entre consoles de salon et ordinateur. Je n’avais plus envie de me limiter aux consoles que j’avais et que je pouvais avoir. Et avec les consoles récentes, je ne me retrouvais plus dans les surcouches qui dépassent la lecture d’un jeu. J’ai aussi recentré mon utilisation d’internet aux ordinateurs, et j’ai cessé d’avoir des smartphones au profit d’un téléphone à clapet.
J’ai commencé à filtrer les informations que je voyais sur plusieurs sites avec des plugins et des bloqueurs HTML, pour ne voir que ce qui m’intéressait. J’ai notamment épuré l’interface de YouTube en enlevant bon nombre de choses comme les recommandations, les Shorts ou encore des onglets en barre latérale…
Des déménagements ont aussi eu lieu. Je suis par exemple parti de Twitter au profit du Fediverse et de Mastodon. Celui-ci s’avérait être de plus en plus aux antipodes de ce que je recherchais sur internet. Et comme j’avais terminé mes études, j’ai enfin eu la force de supprimer toutes traces de Facebook.

J’ai commencé d’autre part à m’intéresser au streaming. Il m’est apparu comme un moyen décomplexé pour partager mes sessions de jeu.
Mais j’ai rapidement été confronté à un problème qui fut une sacrée intrigue pour moi et le blog : la difficulté de streamer du contenu pour adultes.
Cela a eu le don de faire naître dans un premier temps le journal éphémère, puis du streaming indépendant hébergé localement chez moi.

Ce dernier m’a fait mettre les mains dans le cambouis Linux comme celui de l’auto-hébergement.
Riche de ces premières fois, cela m’a autant interrogé sur le fait de mettre mon ordinateur principal sur une distribution Linux que d’auto-héberger d’autres choses chez moi.

2025 : Emousser mon quotidien •

Mon gros morceau de cette année a été l’actualité.
Celui-ci a toujours été relatif et limité, mais cela ne l’empêchait pas pour autant d’entretenir une place quotidienne dans ma vie.

Depuis les débuts de mon site internet, je n’ai jamais mis en avant de système pour être au courant du nouveau contenu que je publiais.
La raison m’est simple. Je n’en utilisais pas moi-même pour suivre des sites internet. Le fait de chercher s’il y avait quelque chose de nouveau avait toujours été une action purement manuelle. J’avais pris l’habitude d’aller un par un sur chaque site où je voulais voir s’il y avait du neuf.
Néanmoins, cette situation m’a interrogé quand des amis m’ont témoigné qu’ils passaient à côté des sorties de mes articles.
Plutôt que simplement leur envoyer des liens de mes nouveaux articles, je me suis demandé si je n’avais pas quelque chose d’intéressant à trouver pour moi aussi ?
S’il y a des sites où c’était à chaque fois pour moi un plaisir d’y revenir, ce n’était pas le cas de tous.

C’est ce qui m’a emmené aux flux RSS.
Coïncidence que je trouve rigolote : les flux RSS sont nés l’année de ma naissance. Alors peut-être que j’étais destiné à m’y intéresser ?
Ce que j’aime dans les flux RSS, c’est la prise en main que l’on peut avoir sur ce que l’on récupère. J’aime comment on peut filtrer et catégoriser ce que l’on va recevoir d’un site, ou comment cela peut permettre de lire dans d’autres conditions le contenu d’une page.

J’ai néanmoins vite réalisé que les flux RSS ne se retrouvaient pas sur tous les types de sites. Ce qui invalidait la navigation de plusieurs sites que je suivais quotidiennement. Cela m’a interpellé sur la pertinence des sites où j’allais.
Qu’est-ce que je recherchais exactement, moi qui avait toujours eu de toute façon une certaine distance sur l’actualité ? Et avais-je vraiment besoin d’y aller tous les jours ?
Cette interrogation a pris de la largeur et m’a interrogé sur d’autres choses que je consultais aussi quotidiennement comme Discord ou le Fediverse.
Et j’en ai fini par réorganiser ces activités et à leur donner un nouveau temps.

J’ai gardé les moments où j’aimais regarder mes actualités : le soir avant de manger. Mais je les ai limités aux jours où je n’exerce pas mon emploi.
D’autres choses que je consultais au même moment comme Discord ou le Fediverse ont eu le même traitement.
Les premières fois m’ont été assez étranges. Je me suis senti assez seul. Mais au bout de quelques jours, cela m’a apporté un rythme et un sens davantage forts à ce que je faisais sur internet.
Pour les sites internet en eux-mêmes, j’ai décidé de me focaliser sur les sites disposant de flux RSS. Quitte à ne plus suivre régulièrement certains sites, ou à les remplacer.
La solution des flux RSS m’apparaît tellement profitable qu’elle m’enlève toute envie d’obtenir autrement des nouvelles récentes.

Pour lire les flux RSS, je suis parti sur une nouvelle solution auto-hébergée avec FreshRSS. J’aime beaucoup la personnalisation qu’il propose. Même si je trouve que ça a ses limites. Je trouve notamment intéressant comment il permet de modifier ce que va afficher un flux RSS ou comment il peut créer un flux RSS sur une page qui n’en dispose pas.

J’ai par contre le sentiment que les flux RSS ne sont pas connus de tous, et que leurs utilisations ne sont pas forcément intuitives de prime abord. Alors, plutôt que juste mettre en avant mes flux RSS sur mon blog, j’ai fait une page pour expliquer ce que sont les flux RSS.


J’ai la sensation que c’était un gros voyage avant d’arriver là où j’en suis.

Cette rétrospective me fait dire que mes restrictions d’écrans ont clairement joué sur ma manière d’appréhender internet. J’ai trouvé ça frustrant et souvent injuste. J’ai énormément dû filouter pour y accéder, parfois jusqu’à m’en dégoûter. Le paradoxe entre les limites que j’avais et le nombre de vidéos que j’ai fait collégien m’est un beau témoin de ça. Alors, même si ça a été rude pour moi, j’aime comment ça m’a éveillé à des utilisations sur internet qui peuvent m’être nocives. Au bout du chemin, cela m’a emmené vers un endroit où je suis heureux.

J’ai plusieurs fois vu des réflexions nostalgiques d’un internet qui aurait changé, d’un internet qui était mieux avant. Mais me concernant, ce serait difficile de dire une telle chose. Internet m’est tellement mieux aujourd’hui.
Je trouve que mon parcours est un beau témoignage qu’internet peut être aussi resplendissant que lors de ses premiers jours. Et que s’il y a bien des nouvelles manières de vivre internet aujourd’hui, les premières ont toujours du sens pour ceux qui veulent leur en donner.
Je pense qu’il ne revient qu’à chacun d’entre nous de décider ce que doit être internet.

De mon côté, j’ai toujours envie pour ces prochaines années d’entretenir ce plaisir d’un internet comme je l’entends.

Il y a déjà plusieurs sujets que je veux investir.
Il y a la question du navigateur internet. Actuellement, j’utilise Firefox. Mais celui-ci commence à ne plus satisfaire. Les mises à jour cassent souvent des choses dans mon utilisation. Sa personnalisation m’est souvent fastidieuse. Et je n’aime pas trop la direction que prennent ceux qui gèrent le navigateur. Donc je songe à changer de navigateur.
J’utilise de moins en moins les moteurs de recherche. Les sites que je consulte majoritairement sont en favoris ou proviennent de liens au sein de sites directement. Je pense en conséquence restructurer de façon plus conséquente ma navigation.
La minimisation de certaines activités comme Discord ou Mastodon me questionne sur l’intérêt que je porte pour eux. Je n’aime pas non plus la direction que prend Discord. Et je me sens en décalage face à cette démarche de messageries instantanées dédiée. Parallèlement à ça, je développe de plus en plus d’intérêt à investir davantage les forums. J’éprouve aussi de moins en moins d’intérêt pour les réseaux sociaux, et c’est aussi le cas pour le Fediverse et Mastodon. Avec tout ce que j’entretiens d’autre part sur internet, je veux réexaminer leurs places et davantage établir ce que je peux vivre d’uniques avec eux.
Si j’ai désormais de quoi streamer de façon indépendante, je n’ai pas fermé les portes de Twitch. Il y a une dernière chose que je voudrais essayer sur Twitch avant de me décider si je continue de séparer les diffusions selon le contenu, ou si je diffuse uniquement par ma solution indépendante.
J’aimerais également terminer une intrigue que je relate sur mon blog autour des MMORPG. Malgré une attirance pour le genre, je suis interrogé sur leurs compatibilités avec moi. En ce début d’année, j’ai dessiné une distinction entre MMORPG théorisés et véritables MMORPG. Je pense que j’ai une attente de retrouver ce qui est donné dans ces objets qui théorisent et romancent le genre. J’aimerais faire une dernière expérimentation à ce sujet.

Il y aura probablement des choses auxquelles je ne pense pas qui apparaîtront aussi à moi. Comme cela a par exemple été le cas avec les flux RSS cette dernière année.
Et je suis très enthousiaste à l’idée de les accueillir.

Je sens que la suite de mon périple sur internet va être très amusante !


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